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La double métamorphose de Daphné

La double métamorphose de Daphné : foudroyée, puis transfigurée. Le travertin s’est brisé lors d’une tentative de recadrage par découpe laser. La matière a cédé — et Daphné avec elle, comme foudroyée. Quelle opportunité ! Le texte d'Ovide finit sur ces mots "D'elle, il ne reste que l'éclat". Cette fissure offre de nouvelles intentions au tableau : elle peut suggérer la tension entre un Apollon amoureux et une Daphné qui rejette cet amour… elle peut aussi évoquer la flèche d’Eros. J’ai donc choisi de restaurer cette œuvre à la manière du kintsugi japonais (金継ぎ), littéralement « jointure en or ». Cet art ne cherche pas à dissimuler les fêlures, mais à les sublimer avec de l'or. Il célèbre l’imperfection et la fragilité des choses qui subissent l'épreuve du temps. Dorée à la feuille d’or, sur une mixtion dite « amoureuse » ou « chantante », voilà Daphné, deux fois métamorphosée.